Films écrits et réalisés par Diego De la Fuintes

Ainsi va la vie : Le Préquel

Rose-Marie, adolescente, était dépassée par une situation familiale extrêmement anxiogène. Sa mère, internée en clinique psychiatrique pour trouble bipolaire, n’était plus qu’une ombre d’elle-même. Parfois, on disait qu’elle serait prête à tout, même à troquer son corps contre un paquet de cigarettes. Son père, quant à lui, rentrait chaque soir ivre mort, perdu dans l’alcool, incapable d’assumer le moindre rôle parental.

Livrée à elle-même, Rose-Marie s’était peu à peu transformée en maîtresse de maison. Elle faisait les courses, préparait les repas, remplissait les papiers. Elle n’avait plus le temps d’être une adolescente. Elle n’avait ni amis, ni petit copain. Elle vivait en retrait, isolée, murée dans un quotidien rythmé par la gestion du chaos.

Aller voir sa mère était devenu une véritable épreuve. Chaque visite en clinique se soldait par des insultes. Sa mère, entre deux accès de lucidité, la couvrait d’injures, la rejetait violemment. Rose-Marie redoutait ces rencontres, mais s’y rendait quand même, poussée par un mélange de culpabilité, d’amour confus et d’un espoir fragile.

À la maison, le vide laissé par sa mère n’était comblé par rien — sinon par le silence, l’alcool et la fatigue. Son père, effondré dans son chagrin, n’était plus que l’ombre de lui-même. Il titubait chaque soir, incapable de parler ou de se souvenir de quoi que ce soit. Rose-Marie le soutenait, le couchait, s’occupait de lui comme d’un enfant malade.

Un soir, tout changea. Elle le retrouva écroulé dans le couloir, incapable de bouger. Comme d’habitude, elle le releva sans un mot, l’aida à marcher jusqu’à sa chambre. Les gestes étaient devenus mécaniques, sans émotion, comme si elle avait disparu elle-même dans cette routine insensée.

Mais cette nuit-là, quelque chose bascula. Son père la fixa longuement, les yeux embués de larmes. Il murmura qu’elle ressemblait à sa mère, qu’il se sentait seul, qu’il ne supportait plus cette vie. Il s’effondra contre elle, réclamant un réconfort qu’il ne trouvait plus nulle part.

Rose-Marie, elle aussi perdue et brisée, le serra contre elle. Ce moment de faiblesse tourna bientôt à la dérive. Les gestes devinrent flous, confus, et l’impensable se produisit. Ce n’était ni amour, ni désir, mais une dérive née du désespoir, du vide, et d’un lien brisé.

De cette nuit-là, un enfant naîtrait, fruit d’une douleur indicible.

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Du Court au Long-Métrage

Dans une maison où chaque pièce semble retenir son souffle, Rose-Marie vit sous l’emprise d’une présence trouble : Michaël, plus jeune qu’elle, glisse dans son quotidien avec une autorité silencieuse et inquiétante. On croit d’abord à une liaison amoureuse, mais l’air est saturé d’un malaise que rien ne dissipe.

Samuel, son fils, observe depuis l’ombre. Ses yeux scrutent, sa mémoire vacille entre ce qui est et ce qui ne l’est pas. Les voix qu’il entend, les ombres qu’il voit, sont autant de signaux d’un monde où les repères s’effacent. « Nous sommes tous frères et sœurs en Dieu », murmure-t-il, mantra fragile face à l’incompréhensible. Il se réfugie dans le monde des esprits, conversant avec des présences invisibles, cherchant des réponses à des questions que personne ne peut entendre.
Dans ce chaos, un point de repère demeure : son psychiatre. Plus qu’un médecin, il est son confident, son meilleur ami. Samuel confie ses peurs, ses visions et ses obsessions, trouvant dans ces séances un rare espace de répit, où ses délires et hallucinations prennent sens. Pourtant, même ce lien rassurant est fragile face à la tension croissante dans la maison.
Michaël impose sa présence sans bruit. Ses gestes sont précis, ses silences lourds. Il provoque, manipule, mais derrière cette maîtrise se cache la peur d’une fragilité qu’il refuse de nommer. Chaque confrontation avec Samuel devient un miroir : celui de la domination et de la peur, celui du chaos latent dans la maison.
Rose-Marie se débat entre désir, dépendance et honte. Ses mains cherchent, ses yeux supplient, et chaque rejet de Michaël laisse une cicatrice invisible. Les moments de proximité sont saturés d’une tension électrique, où amour et danger se confondent.
À travers les yeux de Samuel, le spectateur perçoit des indices presque imperceptibles : un geste trop intime, un regard qui hésite, une proximité qui dépasse la normalité. Chaque détail, chaque silence, laisse deviner que la relation n’est pas ce qu’elle semble. Michaël n’est pas seulement un amant ou un intrus ; il est le produit d’un secret ancien, un lien qui rend chaque interaction à la fois nécessaire et impossible.
Le huis clos de la maison devient un labyrinthe émotionnel, où folie, culpabilité et tabou se mêlent. Samuel, entre visions et confidences, entrevoit peu à peu une vérité troublante : derrière les gestes, les paroles et les larmes, se cache quelque chose d’originel, profondément interdit, que la lumière n’ose encore révéler.
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Diego De la Fuintes Photographe et cinéaste long métrage court métrage préquel maladie mentale schizophrénie bipolaire police hôpital psychiatrique marseille

Long-Métrage En Recherche de Production : L'âme sombre

Reda, inspecteur de police marseillais d’une cinquantaine d’années, est devenu un homme froid, brisé et caractériel. Depuis quelques années, il s’est réfugié dans l’alcool et la drogue dure. Ce basculement remonte au viol et au meurtre de sa fiancée, Caroline. Incapable de supporter l’impuissance de la justice, lui autrefois pieux et irréprochable, il avait fini par payer un gang mafieux de sa cité pour éliminer les deux responsables.
Depuis ce jour, ces hommes le tiennent sous leur coupe et exigent qu’il les aide à faire prospérer leurs trafics.

Poussé par sa famille, Reda s’est marié avec une femme qu’il n’aimait pas. La seule personne qu’il chérit vraiment est sa fille unique, Kenza, à qui il reste pourtant distant et glacial.

Dépouillé de toute joie de vivre, Reda sert désormais la jeune mafia marocaine tout en tentant de s’infiltrer dans les réseaux de la vieille mafia sicilienne de Marseille. Peu apprécié du commissaire Ledoux, un homme raciste et pervers, il se voit contraint de faire équipe avec Enzo, un jeune policier fraîchement promu, issu d’un milieu bourgeois.

Enzo, 27 ans, est entré dans la police autant pour fuir la rigidité familiale que par goût de l’aventure. Aux yeux de Reda, il n’est au départ qu’un poids, un bleu qui multiplie les maladresses et provoque des situations parfois ridicules.

Pourtant, lors d’une descente banale dans une cité délabrée de Marseille, une rixe à l’arme blanche éclate. Reda sauve Enzo de justesse. À partir de là, une complicité sincère s’installe entre eux. Enzo voit même en Reda le père courageux qu’il aurait aimé avoir.

Touché malgré lui, Reda finit par accueillir Enzo chez lui pour le repas de l’Aïd. Le jeune homme y rencontre Kenza. Entre eux, l’amour naît aussitôt. Kenza, infirmière moderne d’une vingtaine d’années, préfère cependant cacher leur relation, redoutant la réaction de son père.

Pendant ce temps, les deux policiers poursuivent leurs investigations et parviennent à localiser Sergio, un vieux parrain sicilien, fatigué mais toujours maître du trafic portuaire.

Malgré l’opposition du commissaire Ledoux, leur supérieur leur accorde une dernière chance et autorise une opération. L’intervention est un succès : Sergio et trois de ses lieutenants sont arrêtés, et Reda retrouve soudain respect et reconnaissance.

Mais cette victoire laisse le champ libre aux trafics. Tahar, un des lieutenants de la mafia marocaine, rappelle alors à Reda pourquoi ils devaient faire tomber Sergio.

Reda découvre qu’il ne sera jamais libéré de sa dette : on l’oblige désormais à remplacer le parrain sicilien, à organiser l’entrée massive d’armes et de cocaïne.

Pour protéger sa couverture, Reda se met à distance d’Enzo. Il le rejette, le dénigre en public, le traite de « jeunot » et de « mauvais flic ».

Enzo, profondément blessé, ne comprend pas ce revirement. Il enquête seul, déterminé à briller aux yeux du père de sa fiancée. Il découvre que le réseau marocain est déjà en train de s’installer à la place de Sergio.

Il se rend sur place avec un renfort policier. Une fusillade éclate : l’équipe de Reda affronte les forces de l’ordre. Pris dans le chaos, Reda tire sur un policier et l’atteint en pleine tête.

C’est Enzo.

Il meurt sous les yeux de Reda. Tahar ordonne la fuite. Désemparé mais lâche, Reda abandonne le corps de son ami sur l’asphalte.

Reda replonge dans les bars, l’alcool et la drogue. Il délaisse totalement sa femme et sa fille, sourd aux supplications de son épouse, qui s’inquiète pour Kenza.

Un soir, ivre et drogué, il traite même sa fille de « traînée ». Sa femme, à bout, lui demande de disparaître, comme il le fait depuis des années.

Il erre dans les rues et rentre tard, trouve la maison vide mais s’endort sans chercher à comprendre.

Au réveil, inquiet et irrité, il allume son téléphone. Plusieurs messages de sa femme et d’infirmiers l’implorent de venir à l’hôpital : Kenza est dans un état critique.

Aux urgences, sa femme le frappe et l’insulte avant d’être retenue par les soignants. Le médecin explique qu’un mélange de médicaments a mis sa fille entre la vie et la mort.

Quelques instants plus tard, effondrée, son épouse lui révèle la vérité : Kenza voulait rejoindre Enzo, son fiancé. Elle était enceinte de lui. Ils ne savaient pas comment l’annoncer à Reda.

Reda s’approche du lit de sa fille, tente de lui prendre la main mais se ravise, prisonnier de sa propre incapacité à montrer ses sentiments.

Les alarmes se déclenchent soudain. Les médecins le poussent dehors. Malgré leurs efforts, Kenza meurt.

Après l’enterrement, Reda quitte le cimetière sans un mot et retourne dans les bars les plus sordides de Marseille, où il retrouve les lieutenants de Tahar. On lui apprend que Tahar a fui au Maroc et souhaite présenter Reda à son oncle, un puissant homme d’affaires corrompu. Reda accepte et part seul.

Dans la luxueuse villa marocaine, gardée comme une forteresse, la police locale, prévenue par le commissaire Ledoux, lance un assaut avec plusieurs policiers français. La fusillade est d’une violence inouïe.

Tahar est abattu par un sniper. Son oncle, acculé, fait exploser toute la villa.

Dans les ruines fumantes et jonchées de corps calcinés, Reda et le commissaire Ledoux se retrouvent face à face.

Reda pointe son arme… puis se ravise. En larmes, il attrape celle du commissaire et la plaque contre son propre front, hurlant :
– Vas-y ! Tire ! Tue-moi ! Tu ne vois pas que je ne suis qu’un fils de pute ?

– Regarde ! J’ai tué mon meilleur ami ! Ma fille ! Toute ma vie ! Vas-y, tire !

Les policiers encerclent la scène. Une détonation retentit.

Reda gît au sol, baignant dans son sang, l’arme encore à la main, sous le regard figé du commissaire.

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© 2017 Diego De la Fuintes. Tous droits réservés.
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Bienvenue dans l’univers de Cyberdépendance, un film que j’ai eu le plaisir d’écrire et de réaliser en collaboration avec le Service Jeunesse de la Ville de Rognac et le Mas des Jeunes. Ce projet me tenait particulièrement à cœur car il traite d’un sujet qui touche profondément notre société moderne : l’addiction aux écrans et l’impact qu’elle peut avoir sur les jeunes. Accompagné des talentueux acteurs Magali Lerbey, David Faure, Chris Tomner, ainsi que les adolescents du Collège Commandant Cousteau, ce film met en lumière les dangers et les défis de la cyberdépendance. J’ai voulu offrir un regard sincère sur cette problématique afin de sensibiliser les jeunes et leurs familles à l’importance de trouver un équilibre entre le monde digital et la réalité.

D’amour et d’eau fraîche est un projet cinématographique qui me tient particulièrement à cœur, explorant la profondeur et la fragilité des relations humaines. Le film, porté par un casting remarquable comprenant Tony Simonneau, Delphine Depardieu, et la participation spéciale d’Avi Assouly, navigue entre la tendresse et la poésie. Chaque image, méticuleusement capturée sous la vision inspirée du réalisateur, reflète les nuances subtiles des émotions vécues par les personnages.

Ce court-métrage se veut une réflexion sur l’amour et l’importance des moments simples qui façonnent nos vies. Avec D’amour et d’eau fraîche, j’ai souhaité transmettre l’idée que l’amour, aussi modeste soit-il, peut suffire à rendre chaque instant magique. Mais cette poésie se brise soudainement lorsque le récit prend une tournure tragique : la mort de l’enfant vient bouleverser l’équilibre fragile du film, révélant la violence qui peut surgir au cœur même des instants les plus lumineux.

Plongez dans cet univers empreint de délicatesse, où la beauté de l’amour côtoie la brutalité de la vie, et où chaque scène respire une authenticité rare et envoûtante.